Amphores : plongez au cœur d’une cargaison romaine vieille de 2 000 ans
À quelques mètres seulement du centre Espace Mer, le sentier sous-marin archéologique de la Tour Fondue permet de découvrir en apnée une reconstitution de cargaison antique. Une immersion originale au milieu d’amphores romaines, entre patrimoine maritime et vie sous-marine.
Une plongée dans l’histoire romaine
Le sentier sous-marin archéologique se situe à la pointe du Bouvet, près de la Tour Fondue, sur la presqu’île de Giens. Installé à faible profondeur, il permet d’observer une importante concentration d’amphores disposées sur le fond afin de reconstituer la cargaison d’un navire marchand romain.
Ces amphores sont vieilles d’environ 2 000 ans. Elles nous ramènent à une époque durant laquelle de grands bateaux transportaient du vin et d’autres marchandises entre l’Italie et la Gaule.
En descendant vers le site, les formes des amphores apparaissent progressivement entre les rochers, les herbiers et les jeux de lumière. L’apnéiste découvre alors un paysage inhabituel, évoquant une épave antique reposant sur le fond de la Méditerranée.
Les amphores de l’épave de la Madrague de Giens
Les amphores visibles sur le sentier sont liées à l’épave romaine de la Madrague de Giens, découverte à l’ouest de la presqu’île.
Cette épave constitue un site majeur de l’archéologie sous-marine méditerranéenne. Le navire transportait plusieurs milliers d’amphores à vin, principalement de type Dressel 1B. Ces récipients étaient produits en Italie et chargés à bord des navires pour approvisionner les ports et les populations de Gaule.
Les amphores étaient rangées avec soin afin d’utiliser au mieux l’espace disponible dans la cale. Leur forme allongée et leur extrémité pointue permettaient de les imbriquer les unes dans les autres et de limiter leurs déplacements pendant la navigation.
Certaines portaient également des marques ou des timbres permettant d’identifier leur origine, leur atelier de fabrication ou les producteurs associés à leur contenu.
En observant cette reconstitution sous l’eau, il devient plus facile d’imaginer les dimensions d’une cargaison antique et l’importance du commerce maritime en Méditerranée.
Une exploration accessible en apnée
Une faible profondeur
Le cœur du site se trouve autour de six mètres. Les amphores peuvent être observées depuis la surface ou approchées lors de courtes descentes en apnée.
Un objectif visuel
La cargaison offre un repère précis pendant la descente et permet aux débutants de travailler leur canard et leur palmage avec un objectif concret.
Une immersion culturelle
La séance ne consiste pas seulement à retenir son souffle : elle permet de découvrir l’histoire maritime de la presqu’île de Giens.
Des jeux de lumière
Les rayons du soleil traversent l’eau et dessinent des contrastes sur les amphores, les rochers et les herbiers de posidonie.
Une vie marine présente
Les poissons circulent entre les objets immergés et utilisent les reliefs du site comme abris ou zones d’observation.
Un site proche du centre
Le sentier se trouve à proximité immédiate de la Tour Fondue et du centre Espace Mer, ce qui facilite son intégration à certaines séances.
Espace Mer impliqué dans la création du sentier
Installé à la Tour Fondue depuis 1990, Espace Mer est engagé depuis de nombreuses années dans la protection du milieu marin et dans la valorisation du patrimoine local.
Le centre a soutenu le projet de création du sentier sous-marin archéologique de la pointe du Bouvet. Environ une centaine d’amphores provenant de l’épave de la Madrague de Giens ont été réimmergées afin de proposer une reconstitution pédagogique accessible au public.
Ce projet permet de rendre visible un patrimoine habituellement réservé aux archéologues ou aux plongeurs expérimentés. Il offre également une autre manière de découvrir les fonds marins de la presqu’île de Giens, en associant activité sportive, histoire et sensibilisation à l’environnement.
Observer sans toucher
Même si les amphores ont été réinstallées dans un objectif pédagogique, elles doivent être observées sans être déplacées ni manipulées.
L’apnéiste conserve une flottabilité maîtrisée et évite de s’appuyer sur le fond. Il veille également à ne pas donner de coups de palmes dans les herbiers de posidonie ou contre les objets immergés.
Une approche lente et relâchée améliore à la fois la qualité de l’observation et la protection du site. En limitant ses mouvements, l’apnéiste soulève moins de particules et conserve une meilleure visibilité.
Le respect du patrimoine et du milieu naturel fait pleinement partie de l’exploration. Les amphores, les rochers, les plantes marines et les poissons forment aujourd’hui un paysage commun qu’il convient de préserver.
Une séance entre technique et découverte
Le site des amphores peut être utilisé pour travailler différentes techniques d’apnée : préparation en surface, canard, position du corps, palmage et retour vers un point de référence.
La profondeur modérée permet de multiplier les descentes sans rechercher une performance. Les participants peuvent se concentrer sur la fluidité de leurs gestes et prendre le temps d’observer la cargaison.
Pour les débutants, le fait de voir le fond et les amphores depuis la surface peut rendre l’immersion plus rassurante. Pour les apnéistes plus expérimentés, le site offre une séance d’exploration différente des ateliers verticaux classiques.
Le choix d’y pratiquer dépend toutefois des conditions de mer, de la visibilité et du programme du stage. Comme toujours, les descentes sont adaptées au niveau et aux sensations de chaque participant.
Remontez le temps sous la surface
Plonger au milieu des amphores de la Tour Fondue, c’est découvrir les traces d’un commerce maritime vieux d’environ 2 000 ans tout en profitant des paysages sous-marins de la presqu’île de Giens.
Grâce à l’implication d’Espace Mer dans la création du sentier archéologique, cette cargaison romaine est aujourd’hui accessible en apnée, à faible profondeur, dans un cadre associant exploration, technique et respect du patrimoine.